Débat sur la lutte contre le terrorisme

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15 février 2017

Intervention plénière, Strasbourg, 15 février 2017

« Le terrorisme, nous le savons bien, est une guerre asymétrique qui cherche, non seulement à détruire des vies, à faire des victimes, mais plus encore à fracturer nos sociétés, à jouer sur les ressors émotionnels, parfois les plus sinistres, et à faire sa propre publicité idéologique.

Alors face à ce défi qui est extrêmement complexe, qui est mutant, qui est plastique, tout autant sécuritaire que sociologique, éducatif ou politique, nous devons avoir une réponse adaptée, qui ne peut pas passer que par l’émotion, légitime, mais qui souvent nous conduit à prendre des mesures spectaculaires mais pas forcément efficaces.

De ce point de vue-là, je me réjouis que la directive discutée aujourd’hui, enrichi par le travail de Monika Hohlmeier, apporte des réponses concrètes, professionnelles, et qui concourent véritablement à l’amélioration de ce qui est fondamental, c’est à dire notre arsenal législatif harmonisé à travers toute l’Europe. C’est tout à fait essentiel d’avoir ce socle commun.

Il faut aussi beaucoup mieux articuler les dimensions de renseignement, de police et de justice, et ne pas les confondre. J’entends beaucoup trop de collègues faire la confusion dans l’échange d’informations, de renseignements de différentes natures. Je sais trop bien qu’avant de se coordonner et de partager l’information, il faut la collecter. Et quand on regarde ce qu’il s’est passé dans nos différents pays, on voit que bien souvent, les dysfonctionnements sont d’abord dans la collecte d’informations avant même que ce soit l’échange d’informations qui soit concerné. Donc oui à des plateformes européennes améliorées, renforcées aux niveaux judiciaire et policier mais attention, pas de confusion et pas de superstructure inutile qui vienne compliquer le travail opérationnel plus que l’améliorer. »